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samedi 5 novembre 2011

La Paz et les hauts sommets

Nous sommes arrivées à La Paz jeudi 27/10. C'est là que nous a rejoint Laurie, une amie de Caro. La Paz est une ville, grouillante, sillonée par les "micro" (minibus) qui roulent dans tout les sens à toute allure et en klaxonnant tout le temps. La ville est construite sur deux flancs de colline, et s'étend sur l'altiplano, à près de 4000m d'altitude. Hormis le micro-centre avec son marché aux sorcières (où l'on peut trouver toute sorte de talisman, y compris des foetus de lama qu'on est sensé enterrer sous la première pierre de la maison à construire pour porter bonheur...), nous n'avons pas spécialement cherché à décourvir la ville, mais elle nous a plutôt servi comme point de base pour organiser nos expéditions.
















La première a été un trek de 5 jours dans la Cordillera Real, au pied de quelques uns des plus hauts sommets de Bolivie, entre La Paz et le lac Titicaca, avec campement de lac en lac.


Nous sommes donc partis à sept français : Caro, Laurie et Sylvie (que vous connaissez déjà), puis Magali, Mathilde et Damien, que nous avons rencontrés à l'hôtel, d'où s'est organisé le trek. C'est donc dimanche matin que nous sommes partis à 2h de La Paz, en compagnie de Miguel, notre guide, après avoir fait quelques provisions pour les jours à venir (veste Columbia à 25€...).



Une première journée a été consacrée au transport et à une petite ballade autour d'un premier lac, accompagnée de la première tentative de notre guide de pêcher la truite (c'était un peu son leitmotiv, pêcher la truite...) soldée d'un échec...
Nous avons (fraîchement) passé la première nuit dans une salle d'école, et sommes partis le lendemain accompagnés de Valerio, le mulletier, de son fils Alex agé de 9 ans, et de 6 mulles .



















Notre trajet a continuellement oscillé au fil de la randonnée entre 4500m et 5000m, mais avec sans cesse des montées et des descentes, ce qui nous a fait cumulé pas mal de dénivelé.



Les paysages, quasi désertiques, étaient de toute beauté. Malheureusement pour nous, le temps s'est gâté et nous avons eu droit a 2h de pluie battante agrémentée de grêlons.



Nous avons tout de même fait quelques rencontres dans ces montagnes.... Nous avons croisé pas mal de troupeaux de lamas et de leurs cousins les alapacas, et de moutons.


































Le deuxième soir, nous sommes arrivés dans un lieu paisible, au bord d'un lac ; c'est la propriétaire des lieux, une vieille bergère ne parlant qu'aymara qui nous a acceuillis et qui s'est chargée de recolter la "taxe de séjour", modeste certe, de 10 bolivianos.

Après une coinche (ou "contrée", pour les Marseillais), un délicieux repas concocté par Miguel et Valerio, et un petit cocktail à base d'alcool à 96° (eh oui, il ne faut pas lésiner quand on campe par -5°...), nous sommes allés nous couchés pour retrouver notre environnement le lendemain matin pas tout à fait comme nous l'avions laissé la veille...













Après la surprise de voir qu'il avait pas mal neigé dans la nuit, la deuxième surprise a été de voir la sac rempli de truites que notre guide Miguel avait pêché le matin même.



Nous avons donc repris la route, à flanc de colline, en suivant nos mulles, qui, il faut le dire, marchaient bien souvent plus vite que nous!


















Comme toujours en cette saison, le temps a été très changeant ; et même si nous avons été habitués à avoir un beau soleil en début et en fin de journée, nous avons subi la tempête une bonne partie de l'après-midi. A notre arrivée le 3ème soir, la tempête a décidé notre guide à nous faire dormir dans un refuge de façon improvisée, plutôt que de monter le camp.


Mais ce paysage réunissant quelques uns des plus beaux sommets de la Bolivie vaut certainement à lui seul les efforts de la randonnée et les affres du mauvais temps!
















C'est donc au pied du Condoriri, de la Cabeza de Condor, de l'Alpamayo ou encore de l'Ilusion que nous avons dormi pour recharger les batteries, avant de rechager les mules pour une nouvelle journée.

















Après une journée plus légère et marche, mais tout aussi riche en paysage à couper le souffle, nous sommes arrivés sur notre dernier camp, acceuillis par une vieille femme filant la laine de ces moutons (j'ai essayé, et ce n'est pas si simple!!).

Le climat s'est un peu gâté quand son mari, non content de posséder le plus grand troupeau de lamas et de moutons de la vallée, nous a demandé le double du prix normal pour dormir dans une petite construction sale... Nous avons donc décidé de planter les tentes, mais à 4750m, la nuit a été froide, certains s'en rappeleront longtemps!



Le lendemain ne nous a pas réservé un meilleur temps... Nous sommes arrivés au refuge pour déjeuner, après plus de 2h de neige battante en pleine face!














Pour fêter ça, et enfin contents de retrouver un peu de chaleur, nous nous sommes réunis autour d'une bonne pizza le soir-même à la Paz!



dimanche 30 octobre 2011

Potosi et Sucre

Nous avons fait une petite escale de 2 jours à Potosi, ville minière par excellence, où nous avons été accueillies par ... une manifestations de mineurs! (trop d'impôts ...).



















C'est une ville située à près de 4000m d'altitude, mine de rien (!). Et comme c'est une ville qui n'a pas la bonne idée d'être plate, on peut rapidement s'essouffler!


La ville a un joli centre coloniale et n'est pas désagréable à visiter, mais l'attraction première reste la visite des mines d'argent, encore en activité. Les mines se situent dans le "Cerro Rico", montagne pyramidale contigüe à la ville, et sont exploitées depuis l'arrivées des espagnols en 1545.


Il est sorti tellement d'argent de la mine que certains habitants s'étonnent que le Cerro Rico ne se soit pas encore effondré! et d'autres ironisent avec amertume sur le fait que la "route d'argent" entre Potosi et l'Espagne aurait pu être "aller-retour".


La visite, organisée par d'anciens mineurs, commence par un tour aux vestiaires pour enfiler une tenue de protection (très saillante!) pour aller dans les mines, avec remise d'un casque et d'une frontale, puis par un petit tour au marché pour acheter des "cadeaux" aux mineurs qui, organisés en coopératives, n'ont que peu de moyens pour travailler.

Le guide nous montre donc la cérémonie à la Pachamama (Terre-mère), où l'on doit verser quelques gouttes d'alcool à 96° sur le sol (donner le meilleur à la Pachamama pour qu'elle leur rende le meilleur) et goutter ensuite (sisi, c'est obligé, ne serait-ce qu'avec le bout du doigt!).


Il nous explique ensuite l'emploi des différents explosifs.

Notre choix de cadeau se porte donc sur des explosifs et des jus de fruits.

















Après quelques explications sur le procédé de raffinage de l'argent, nous pénétrons dans la mine pour un tour de plus de 2h... Assez rapidement nous nous rendons compte des conditions de travail atroces des mineurs, dans une atmosphère étouffante de poussière et de chaleur.


Déjà éprouvée par ce que je viens de voir, et ayant une petite tendance claustro, je décide de sortir juste avant que la visite ne se poursuive à 60 m sous terre, où Caroline et Sylvie descendront courageusement, en rampant parfois, et en s'essayant à la pelle à la place des mineurs qu'elles rencontreront.
La visite des mines a donc été une expérience éprouvante, autant physiquement que moralement. Tous disent qu'ils n'oseront plus jamais se plaindre de leur job!...

Après Potosi, nous nous rendons à Sucre, captiale constitutionnelle de la Bolivie.
C'est une très jolie ville coloniale qui a gardé un centre historique autenthique (malgré la présence omniprésente des voitures et des klaxons...), avec ses façades blanches et ses nombreuses églises.
Il fait bon flâner dans le centre, prendre le temps autour d'un verre (en tout genre) dans l'un des nombreux cafés, où visiter l'un des nombreux musées.
C'est d'ailleurs une ville dont on dit qu'elle retient souvent les voyageurs plus longtemps que ce qu'ils n'avaient prévus...
On en a d'ailleurs bien profité!! Notre pêché mignon? Une énorme salade de fruits à la chantilly au marché, après un repas dans un "comedor", sorte de cantine populaire se tenant à l'étage dans les marchés.















Profitant également de l'aspect historique et culturel de la ville, nous avons visité, entre autres musées, le couvent de la Recoleta, sur les hauteurs de Sucre.


Fondé en 1600 par les Franciscains, le couvent est aujourd'hui remarquablement conservé et encore occupé par les frères. C'est d'ailleurs l'un d'entre eux qui s'est chargé de nous commenter la visite. On aurait bien envie de s'arrêter sous l'oranger d'un des patios très bien entretenus...
















Ce cloître abrite un arbre plusiurs fois centenaires, dont 8 personnes dit-on qui se tiennent la main arrivent tout juste à en faire le tour.
Au moment d'acheter nos billets pour partir de Sucre (et nous rendre à la Paz), il y avait des blocages de route par des mineurs en colère (trop de taxes, on vous l'a déjà dit ...). Par chance, les "bloqueos" ont été levés le matin de notre jour de départ, et nous avons pu rallier la Paz en 13h au lieu des 19 initialement prévues!

samedi 22 octobre 2011

Sud Lipez et Salar de Uyuni

Samedi matin, nous sommes parties de Tupiza affronter les éléments (en 4x4 quand même...), avec notre guide Rolando, Sylvie (rencontrée en Argentine), Katie et Justin, un couple anglo-américain. Une expédition de 5 jours, nous faisant découvrir une bonne partie du sud de la Bolivie : le sud Lipez (région volcanique) avec des paysages incroyables et des formations géologiques extraordinaires, le salar d'Uyuni, puis se finissant par l'ascension du volcan Tunupa (culminant à 5430m) le dernier jour.Le premier jour a été consacré au trajet pour rejoindre la région du Lipez. On passe à travers la Vallée de la Lune, puis premier col à 4450m. On commence à chiquer de la coca par mesure de prévention, mais ça s'avèrera inutile, du moins en ce qui me concerne.




















Nous ne traversons que peu de villages, dont un fantôme : San Antonio de los Lipez, désertés par ses habitants il y a plusieurs dizaines d'années et investis depuis par de curieuses bêtes, entre le lapin et les chincillas : les viscachas.



Arrivée dans la Réserve Naturelle de Faune Andine Eduardo Avaroa à la tombée de la nuit, au lieu dit "Sol de mañana".


Pas loin de là, à Quetena Chica; nous avons dormi chez l'habitant (Miguel, et sa femme Nieves), qui se consacre à l'accueil des touristes qui font le tour en 4x4. Pas d'électricité,et repas avec la seule ampoule de la maison (et qui fonctionne 3h par jour sur générateur...).

Petit goûter pour patienter, puis dîner: une bonne soupe (tous les repas boliviens commencent par une soupe) qui nous réchauffe, puis plat indéterminé concocté par Rolando (qui est aussi notre cuisinier, puisque sa femme n'a pas pu venir). On ne perd pas de temps et allons vite nous coucher. Chanceux, la température dans la chambre ne descendra qu'à 7° au lieu des 3° annoncés par l'agence!! Heureusement, nous pouvons compter sur les deux grosses couvertures en laine de lama à la disposition de chacun.



Le lendemain, lever de bonne heure avec les premiers rayons du soleil, et départ en direction du volcan Licancabur, avec pause au bord de toutes les lagunes sur le passage.


Premier arrêt sur la laguna Collpa avec ses flamants roses. La matière blanche dont la lagune est recouverte est sensée être du carbonate de sodium, matière avec laquelle on ferait les savons en Bolivie selon le guide...

















Le Licancabur culmine à 5968m. On aurait pu en faire l'ascension, mais pour un premier 5000m, le Tunupa, plus facile et moins haut, fera parfaitement l'affaire! Au pied du Licancabour, deux lacs magnifiques, la laguna blanca et la laguna verde (je me dispense de la traduction...)

















On passe alors devant un désert de sable sur lequel sont curiosement disposées d'énormes roches : on l'appelle le "desierto de Dali", puisque le paysage évoque les tableaux du peintre espagnol.
















Puis arrivée à la laguna salada, au bord de laquelle se trouve un bassin d'eau thermale à 37° dans lequel on peut se baigner. Ayant trop peur du froid au sortir de l'eau, je préfère m'abstenir mais les filles y sont allées gaiment!







Pause déjeuner, puis on monte à 5000m (en 4x4 toujours, on vous rassure!) pour aller voir les geysers qui crachent des fumées pleines de souffre.






Puis redescente sur la laguna colorada (qui veut dire "rouge", et non "colorée"), avec tous ses flamands roses, et dont la couleur est dûe au mélange d'algues et de bêbêtes que mangent les flamands (de la famille des crevettes a priori). La couleur rouge n'apparaît qu'à partir de midi, quand se lève le vent.
















Lundi matin, nous continuons notre roadtrip (ou plutôt "camino"trip, vu l'état des pistes...) avec la visite de sites avec des formations géologiques particulières : l'Italia Perdida et el Valle de Rocas. De même que pour le désert de Dali, les roches (d'origine volcanique) paraissent être apparues ex-nihilo, puisqu'elles sont disposées de façon un peu incongrue, hors du contexte du reste du paysage.






















Nous arrivons ensuite à la laguna negra, qui présente également des roches étranges en forme de tortue ou de champignon. Là, nous voyons défiler en continue des dizaines de lamas, pas effarouchés, qui font comme si nous n'étions pas là.
















Le soir nous dormons dans un hôtel de sel, où tout (ou presque!) est fait se sel, depuis les murs jusqu'aux lits ou aux tabourets. D'ailleurs, le sel doit être un très bon isolant, puisque cette nuit-là nous n'aurons pas froid du tout!
















Mardi, lever aux aurores (même avant) pour voir le lever de soleil sur le salar. Il s'agit en fait d'une immense étendue de sel (12000 km² quand même!), reste d'un lac préhistorique dont l'eau s'est évaporée. Il en reste une vaste étendue blanche cernée par quelques sommets (dont le Tunupa).Premier arrêt sur l'île du pescado (son nom est dû à sa forme de poisson...), que nous escaladons histoire de nous mettre en jambe pour le lendemain. Il est vrai qu'à cette altitude (le salar est à 3700m), le moindre effort nous essouffle vite...




















Puis escale sur l'île Inkawuasi (maison de l'Inca en Quechua) avec ses cactus presque millénaires.

















Le salar est aussi le décor parfait pour des photos avec illusions d'optique. Le résultat est bluffant!































En début d'après-midi, nous arrivons à Coquesa, au pied du volcan Tunupa dont les pentes sont couvertes de champs de quinoa. Coucher de bonne heure pour un lever à 4h30. On passe prendre notre guide au village. On commence à marcher à 5h30.



















Si l'ascension se fait bien les 2 premières heures, ça se corse quand on commence à monter le pierrier...

















On arrive chancelant au cratère. L'altitude se fait grandement sentir. Là, une pause s'impose! Mais là le guide nous apprend que nous ne sommes qu'à 4950m - et même si l'on se met tous d'accord pour dire qu'on a été à 5000m! - on continue à monter sur la crête...jusqu'à 5300m.















Même si ce n'est pas le véritable sommet du volcan (qui ne peut s'atteindre qu'avec une corde et des mousquetons), un panorama epoustoufflant s'offre à nous à 360°. Le temps de faire quelques photos et l'on redescent.



















Retour à Coquesa pour lever le camp puis à Uyuni où finit notre périple en 4x4. Et hop on saute dans un bus pour Potosi le soir même pour de nouvelles aventures!